Le Textile


Le textile e st le nom donné à tout matériau susceptible d'être tissé et, initialement, désigne un matériau qui peut se diviser en fibres ou en fils textiles, tels le coton, le chanvre, le lin, la laine ( textiles organiques ) ou la pierre d'amiante ( textile minéral ), puis avec les améliorations de la technique des fibres synthétiques.

L'action de séparer les fibres d'un textile s'appelle le filage et, par extension, le mot textile peut également s'appliquer au résultat après transformation, un drap est un textile.

S'il est tissé, le textile forme un , mais d ans le cas contraire, il forme une servant à rembourrer et orner, à la fin du XVIéme siècle, l'étoffe prend le sens plus spécifique de textile servant à l'habillement ou à l'ameublement, et aujourd'hui, on trouve des tissus formés par pressage ou agglomération de textile, une extension technique moderne aboutissant à l'expression contradictoire tissu non tissé

On distingue deux grandes classes de textiles auxquelles s'ajoutent plusieurs sous classes possibles :

  • Textiles traditionnels  : textiles pour lesquels on porte l'attention sur l'apparence et le confort dont il s'agit surtout du domaine de la mode, souvent du vêtement, mais aussi de l'ameublement.
  • Textiles techniques  : textiles pour lesquels importent les caractéristiques mécaniques, chimiques, physico-chimiques et ayant une application technique, géotextile, textile médical, matériaux composites à renfort textile.

Par exemple les filtres, le feutre, les mèches, le fil, les tricots, le papier... sont des textiles.

On parle de textiles intelligents ou actifs dès lors que le textile a la capacité de sentir une information dans son environnement et d'y répondre avec un comportement spécifique.

Industrie Textile

L'industrie textile rassemble de très nombreux métiers tout au long d'une chaîne de transformation partant de matières premières fibreuses jusqu'à des produits semi-ouvrés ou entièrement manufacturés.

La première étape consiste en la transformation de matières premières issues de fibres naturelles, artificielles ou synthétiques en fils et les métiers associés sont la filature, le guipage, le moulinage ou encore la texturation.

À partir des fils unidimensionnels, les techniques de tissage et de tricotage permettent d'obtenir des surfaces textiles bidimensionnelles ( voire tridimensionnelles ).

Ces surfaces sont alors très souvent ennoblies pour leur donner de la couleur ( teinture, impression ) ou des propriétés particulières ( apprêts chimiques, apprêts mécaniques, enduction, contre-collage, etc...).

Les surfaces textiles sont alors transformées en habits, meubles, rideaux mais peuvent également être utilisées pour stabiliser des routes, des chemins de fer ( géotextiles ), pour drainer des terrains ( agrotextiles ), pour faire voler des hélicoptères, suppléer une articulation déficiente ou encore protéger un pompier du feu ( textiles techniques fonctionnels ).

En déclin en occident, cette industrie demeure cependant très dynamique dans les domaines du textile technique et du textile de luxe, l a majorité des 1280 entreprises textile actives en France se situe dans les régions : Alsace, Champagne, Lorraine, Midi-Pyrénées, Nord, Normandie, Picardie, Rhône-Alpes.

L'industrie textile est florissante en Asie ( Inde, Bangladesh, Chine, etc...) où sont implantées des usines officiels ou des sous-traitants travaillant pour les grandes marques que nous portons au quotidien mais ces usines ne respectent généralement pas la norme Européenne car des enfants y travaillent et les rares qui traitent leurs eaux ne filtrent pas les produits chimiques qui se retrouvent dans les sols environnants les usines comme les sols des pays acheteurs de ces vêtements car les produits quittent les vêtements au fur et à mesure du lavage pour traverser les usines de traitement sans être filtrés.

Historique

Les premiers vêtements portés il y a au moins 650 000 ans étaient probablement en peaux et fourrures d'animaux rêches et grossières, protégeant le chasseur-cueilleur préhistorique des glaciations du Pléistocène, en utilisant des grattoirs pour racler la viande d'animaux, s'est servis de leur peau comme costume drapé ou enfilé et a utilisé de fines lanières de cuir pour attacher les fourrures mais l’homme de Cro-Magnon, il y a 40000 ans, a développé des outils pointus plus fins comme des poinçons ou des aiguilles à coudre en os d'animaux, pouvant percer de petits trous dans les peaux, pour lacer ou coudre des tuniques et la maîtrise de la fabrication d'objets et de vêtements créés avec des fibres textiles durant les temps préhistoriques est une étape essentielle pour les chances de survie des populations préhistoriques.

La découverte de fibres, teintes de lin naturel et de laine de chèvre portant des marques de torsion dans des couches d'argile de la grotte de Dzudzuana en Géorgie il y a 34000 ans, suggère l'utilisation de matériaux textiles mais bien qu'elles aient pu être utilisées comme cordage pour l'emmanchement des outils en pierre ou pour le tressage de nattes et paniers, ces fibres ont probablement servi au tissage de vêtements à coudre.

L'homme préhistorique apprend progressivement à macérer les fibres végétales pour les rendre flexibles ainsi qu'à détacher les poils des cuirs grâce à des silex taillés, fabriquant d'abord des feutres de lin, laine, poils, fourrure, voire en écorce d'arbre mais le feutre reste une étoffe moins résistante que le tissu et une forme de tricot, le nalbinding, est repérée dès -6000 en Judée.

Le tissage rend l'étoffe plus résistante mais cette technique néolithique nécessite le filage de la laine de mouton ou de chèvre, de la fibre de coton, laine, lin, ou soie, ces fibres pouvant subir une torsion à la main pour former un fil solide et l'art du filage est attesté dès la sédentarisation des hommes qui découvrent qu'il est possible de fabriquer un fil solide en parallélisant les poils ou les fibres végétales puis en donnant manuellement une torsion aux faisceaux de fibres.

C'est le mouton qui fut d'abord domestiqué en Mésopotamie en raison de la qualité de sa laine et facile à travailler, elle était filée et tissée avec des techniques encore utilisées en vannerie, la laine tissée étant plus chaude que les fourrures.

Le premier outil de filage consistait en un petit bout de bois doté d'un crochet qui permettait d'attraper le fil dont il était possible de rouler la branche sur la cuisse afin de rendre la torsion plus rapide et le fil était quant à lui enroulé autour de la branche afin de pouvoir être stocké et maintenu en place mais il etait possible de filer avec la branche, toutefois, si ce procédé est particulièrement adapté à l'apprentissage, il en demeure relativement lent et une alternative fut donc nécessaire.

Le filage au fuseau et à la quenouille, constitués de différents matériaux, pour le lin et la laine est attesté dès le VIéme millénaire av. J.-C. jusqu'à l'apparition du rouet au début du XIVéme siècle au Moyen-Orient et, c'est au XVIIéme siècle qu'on ajoute une pédale au rouet pour libérer la main droite du fileur et améliorer la technique mais malgré ce progrès, le tissage et le filage restent des opérations lentes, artisanales et relativement onéreuses.

En 1746, la première manufacture d'indiennes mulhousienne est créée dans ce qui est encore la République de Mulhouse par Koechlin, Schmaltzer et Jean-Henri Dollfus et, dans les années 1760 apparaît, au Royaume-Uni, le premier métier à filer mécanique puis en 1771, Richard Arkwright créa la première industrielle puis Samuel Crompton invente quant à lui une machine permettant à un seul ouvrier de commander jusqu'à 1000 fuseaux et, e n 1812, tous les métiers à filer du Royaume-Uni produisent autant que quatre millions de rouets.

Le filage industriel se développe avec deux inventions, d'une part, la machine à égrener le coton pour fournir la fibre, d'autre part, celle du métier à tisser pour utiliser le fil et l'expansion des filatures créa un exode rural qui engendra une mécanisation agricole visant à maintenir les niveaux de production et oblige les artisans fileurs à se reconvertir mais le travail en filature ne demandant ni force, ni aptitude spéciale, la main d'œuvre bon marché que sont les femmes et les enfants est préférée, avant que l'évolution de la législation ne finisse par interdire le travail des enfants.

Les matières textiles sont généralement classées en trois grandes catégories en fonction de leur origine et on distingue ainsi les matières naturelles ( végétales ou animales ), artificielles et les matières synthétiques.

  • Les matières naturelles : ces matières premières proviennent d’origine végétale ou animale et chaque matière inclue divers avantages et inconvénients, et est généralement déclinée en différentes variétés.
  • Les matières artificielles : ces matières sont constituées de fibres fabriquées à partir de la cellulose extraite des végétaux dont la matière première artificielle la plus utilisée est sans aucun doute la viscose qui est fabriquée à partir de cellulose extraite de bois notamment, est dotée d’un bon pouvoir absorbant, se démarque par sa brillance similaire à la soie et est en revanche critiquée pour sa facilité à se froisser et sa faible résistance à l’humidité mais ce n’est pas la seule matière artificielle, on dénombre également le modal, le cupro ou encore l’acétate de cellulose.
  • Les matières synthétiques : les matières présentées ci-dessous sont produites par synthèse de composés chimiques provenant majoritairement d’hydrocarbures ou d’amidon et sont généralement mélangées à des fibres naturelles afin de faire baisser le prix de revient tout en bénéficiant des avantages apportés par ces matières de synthèse.

Techniques

Fibres

Les fibres textiles sont classées en trois grandes catégories :

  • Les fibres naturelles furent les premières à être utilisées pour la confection de vêtements.
  • Les fibres chimiques regroupent les fibres artificielles et les fibres synthétiques
  • Les fibres minérales permettent la confection de tissus ignifugés utilisés dès l'Antiquité.

Filature

La fabrication d'un fil nécessitant le décorticage et le nettoyage de la matière première ( égrenage ), le desserrement et la parallélisation des fibres ( cardage, peignage ) puis la filature est une succession d'étapes dépendant de la qualité du fil souhaité, du type de fibres à travailler et qui comporte toujours au moins trois phases :

  • plusieurs filaments sont tirés de la filasse et rassemblés en mèche 
  •  la mèche est roulée en fil par torsion 
  •  le fil est mis en bobine pour être tissé.

Il existe deux grands processus de filature :

  • la filature pour fibres longues ( filature type laine )
  • la filature pour fibres courtes ( filature type coton )

Pour ces deux processus, on part de bourres de fibres nettoyées, si nécessaire, qu'on transforme en puis en puis en fil.

Tissage

Le tissu est obtenu par le qui est le résultat de l'entrecroisement de fils disposés dans le sens de la chaîne et de fils disposés dans le sens de la trame dont le liage obtenu entre ces fils de chaîne et trame se définit par une armure dont on distingue trois grandes classes fondamentales d'armures : toile, sergé et satin mais il existe des armures dérivées des trois précédentes : le reps, le cannelé, le croisé, le satin à répétition, etc... et un tissu peut être composé de plusieurs armures différentes et dans ce cas on parle de tissu façonné

Le tissage s'accompagne d'étapes précises dont les plus importantes sont :

  • le bobinage : les fils sont disposés sur les bobines 
  •  l'ourdissage : préparation de la chaîne sur le métier à tisser
  • le rentrage : les fils de chaîne sont enfilés dans des tiges métalliques ( les lisses ) puis dans les dents du peigne 
  •  une fois la pièce textile descendue du métier industriel et jusqu'à l'informatisation, les tissus de luxe destiné à l'habillement connaissent le rentrayage qui consiste à réparer à l'aiguille les grappes, c'est-à-dire les erreurs commises par le métier à l'occasion de la rupture d'un fil de chaîne ou de trame ou tout autre incident

Tricot

Plusieurs méthodes de tricotage ont été développées comme le tricotage à mailles cueillies, appelé aussi tricotage trame qui est le plus connu permettant l'obtention de tricot jersey, interlock, côte 1x1, côte anglaise, etc... fréquemment utilisées dans les sous-vêtements, les tee-shirts, les pull-overs, les chaussettes, etc.….et le tricotage à mailles jetées ou chaîne qui permet la réalisation d'articles indémaillables dont les armures les plus fréquentes sont la charmeuse, l'atlas, le satin qui sont utilisées dans la confection de maillots de bain, de lingerie, de voilages.

Non-Tissés

Les non-tissées sont des textiles dont les fibres sont maintenues de façon aléatoires, sont souvent classés selon leur domaine d'application ou leurs caractéristiques techniques dont les plus connus sont les feutres mais le grand public connaît également cette technologie sous la forme des lingettes ménagères ou cosmétiques.

Ennoblissement

Les techniques d'ennoblissement ont pour but de modifier les propriétés du textile '' brut '', une fois les textiles préparés, ils peuvent recevoir une opération de teinture ou d'impression mais po ur leur donner '' de la main '' ( du toucher ), des apprêts mécaniques ou des apprêts chimiques sont utilisés et, enfin, des fonctions ( bactériostatisme, déperlance, hydrophilie, protection UV, etc. ) peuvent être sur ces textiles par apprêts chimiques.

Teinture

La teinture, action de modifier la couleur d'un support par absorption d'un colorant, est utilisée en cosmétique pour les cheveux et la peau, en ameublement pour teinter les bois ou les textiles, en confection pour les vêtements, en maroquinerie pour le cuir, en peinture, etc....et le terme teinture désigne également la substance colorante elle-même

La teinture et tous les traitements qui s'y rapportent ont plutôt tendance à dégrader les fibres qui sont traitées, et l 'art du teinturier consiste à teindre ces matières en respectant le plus possible les qualités intrinsèques de la marchandise suivant la provenance de la matière, ces qualités intrinsèques peuvent être très différentes ainsi les articles destinés aux hôpitaux doivent satisfaire à des critères de qualité très élevés, idem pour les articles destinés à l'armée, certains cotons à l'état non traités ayant des valeurs inférieures dès le départ ne pourront donc pas être utilisés pour ce type d'application, il en va de même pour la laine, où non seulement la race de mouton intervient mais aussi la partie du corps d'où elle provient.

Impression

L’impression est la décoration d’une étoffe par un motif répétitif et, historiquement, l’impression daterait du IIéme millénaire av. J.-C. et serait originaire des Indes.

Textiles à Usage Technique ( TUT )

Les TUT sont des textiles techniques et fonctionnels qui contribuent à la diversification du secteur textile traditionnel, en réponse aux délocalisations notamment, regroupent des tissages de matériaux dont les performances et propriétés fonctionnelles qui diffèrent de celles des fibres textiles traditionnelles que l'on les retrouvera notamment surtout dans des applications techniques et parfois extrêmes ( ail es d'avions, voiles de bateaux, pansements, vestes de pompier, prothèses médicales, stabilisateur de route, para-grêle, dirigeables, etc.).