Couleur Secondaire

Une couleur secondaire est une couleur obtenue en proportions égales de deux couleurs primaires et une couleur tertiaire ou intermédiaire est une couleur obtenue par le mélange en proportions inégales de deux couleurs primaires formant le pourtour du disque chromatique, entre les couleurs primaires et les couleurs secondaires.

En construction d’optique, une couleur secondaire est la frange colorée résiduelle dans une image formée par un groupe de lentilles achromatique et une couleur tertiaire celle de la frange résiduelle d’un groupe apochromatique.

Définitions variables

Il y a au moins deux façons de définir les couleurs secondaires et tertiaires.

  • Une couleur secondaire est le mélange en proportions égales de deux couleurs primaires, une couleur tertiaire ou intermédiaire, le mélange en proportions inégales et les couleurs tertiaires forment le pourtour du disque chromatique, entre les couleurs primaires et les couleurs secondaires.
  • Une couleur secondaire est un mélange de deux des trois couleurs primaires tel que la couleur semble ne tendre ni vers l’une, ni vers l’autre de ses composantes et les couleurs tertiaires résultent du mélange, aux mêmes conditions, d’une couleur primaire et d’une couleur secondaire dont participe la primaire.
  • Une couleur secondaire ou « mélangée » est le mélange de deux couleurs primaires, une couleur tertiaire ou « à mélange double », le mélange de deux couleurs secondaires et une couleur tertiaire est ainsi le résultat du mélange de deux à quatre couleurs.

Ces définitions sont conçues pour les pâtes colorées de la peinture, les systèmes industriels de synthèse des couleurs utilisent trois primaires mais rien n’oblige à se limiter à ce nombre minimal et on peut étendre la gamme des couleurs reproductibles avec plus de primaires.

En synthèse additive

Tout dépend de ce qu’on appelle proportion égale, les primaires n’ont pas la même efficacité lumineuse, et leur définition exacte varie d’une technique à l’autre et en supposant que les primaires soient des couleurs optimales, c’est-à-dire, dont le spectre ne comprend qu’une plage, où le niveau est au maximum de luminosité, tandis que partout ailleurs il est nul, et que les trois spectres des primaires couvrent exactement le spectre visible, alors

  • La couleur secondaire résultant de l’addition de la couleur optimale rouge et de la couleur optimale verte est une couleur optimale jaune.
  • La couleur secondaire résultant de l’addition de la couleur optimale verte et de la couleur optimale bleue est une couleur optimale cyan.
  • La couleur secondaire résultant de l’addition de la couleur optimale bleue et de la couleur optimale rouge est une couleur optimale magenta.

Les couleurs optimales n’existent pas dans la réalité, mais on cherche à s’en approcher, ont la propriété d’être plus lumineuses que n’importe quelle autre spectre donnant la même longueur d’onde dominante et la même pureté, pour un étalon colorimétrique donné et les couleurs tertiaires ou intermédiaires ne sont pas des couleurs optimales, et leur luminosité est donc moindre.

En synthèse soustractive

Le mélange des couleurs dans la synthèse soustractive résulte de la multiplication, plage de longueur d’onde par plage de longueur d’onde, du spectre d’absorption des colorants.

Pour simplifier, on suppose des colorants idéaux appelés couleurs optimales dont le spectre ne comprend qu’une plage, où le niveau est au maximum de luminosité, tandis que partout ailleurs il est nul, les couleurs optimales n’existent pas dans la réalité mais on cherche à s’en approcher pour réaliser des couleurs primaires et ont la propriété d’être plus lumineuses que n’importe quelle autre spectre donnant la même longueur d’onde dominante et la même pureté, pour un illuminant donné.

On suppose, par définition, et bien que cela ne soit pas le cas que les couleurs primaires sont des couleurs optimales, qui, à elles trois, recouvrent exactement le spectre visible et sont, par définition, les couleurs secondaires de la synthèse additive, et leurs couleurs secondaires les primaires de la synthèse additive.

Il y a encore plus loin de la théorie à la réalisation en synthèse soustractive qu’en synthèse additive et les couleurs des colorants sont très loin de l’idéal mais pour pouvoir obtenir des résultats homogènes en imprimerie quadrichromique, on a normalisé les spectres d’absorption de trois colorants primaires, un jaune, un bleu vert appelé cyan en imprimerie et bleu primaire dans les beaux-arts et un rouge violacé appelé magenta ou rouge primaire.

En peinture

En peinture, on n’utilise pas en règle générale des pigments proches des primaires de l’imprimerie et pour obtenir des couleurs secondaires intenses, il faut choisir les primaires à cet effet, si, par exemple, on mélange un bleu outremer avec un jaune de cadmium, on obtiendra un vert plus terne que si on avait choisi un bleu phtalo et un jaune citron et le même raisonnement s’applique aux couleurs tertiaires ou intermédiaires.

Les artistes peintres utilisent généralement plus de trois couleurs pures, soit pour atteindre une vivacité de teinte inaccessible par le mélange d’un rouge, d’un jaune et d’un bleu, soit parce qu’il leur est plus commode d’utiliser une teinte connue et constante, comme un ocre, plutôt que de la refabriquer par le mélange de trois couleurs et les pigments ont, de plus, d’autres propriétés que leur couleur, sont plus ou moins opaques ou transparents, et possèdent un pouvoir colorant variable, le mélange de couleurs de pouvoir colorant très inégal est délicat et utilisés à l’huile, ils peuvent avoir, ou non, un effet siccatif qui oblige à les utiliser dans un certain ordre mais certaines sont plus solides que d’autres, ce dont on ne se rend compte qu’après quelques années.

Perception des couleurs secondaires et tertiaires

Des couleurs secondaires ou tertiaires juxtaposées semblent plus saturées à l’œil, on parle alors de contraste simultané et certains contrastes comme le rapport du rouge au vert ont tendance à creuser l’espace, alors que le contraste de couleurs non secondaires par exemple du bleu au jaune, bleu au vert ont tendance à aplanir l’espace perceptif, on parle alors de contraste de teinte.

Historique

La notion de couleur secondaire est attestée en 1750, dans un article dirigé contre la théorie des couleurs de Newton, selon les vues aristotéliciennes de l’auteur, les couleurs dérivent du mélange de la lumière blanche avec les ténèbres, « le bleu, le rouge et le jaune, qui autrefois étaient pris pour des couleurs primitives, ne sont donc aujourd’hui que des couleurs secondaires » et ces vues polémiques s’opposent apparemment à celles des professionnels, que donne Brongniart en 1778 : « Les Teinturiers distinguent cinq couleurs qu’ils appellent première ou primitives, parce qu’elles servent à faire toutes les couleurs secondaires ou dérivées et ces cinq couleurs sont le bleu, le rouge, le jaune, le fauve et le noir. »

De la même façon que couleurs primaires peuvent se trouver nommées « primitives », les couleurs secondaires se disent parfois « composées », teinturiers et peintres connaissent deux sortes de couleurs, celles qu’on ne peut pas obtenir par mélange, et les autres.

L’artiste graphique Charles Ernest Clerget publie en 1844 six Lettres sur la théorie des couleurs, il « s’est inspiré pour ce travail des cours faits par M. Chevreul en 1840 et 1842, mais a cru devoir y apporter quelques idées et quelques expériences personnelles », y expose un système des couleurs primaires, secondaires et tertiaires dans laquelle il réserve le terme « binaire » au mélange égal de deux « couleurs simples » et à partir de ces définitions, il esquisse une classification numérique des couleurs par quantité de rouge, de jaune et de bleu.