La Laine

La laine est un matériau généralement d’origine animale qui est constitué de fibres kératiniques d’ovins et utilisé dans la production textile, notamment pour ses capacités d’isolant thermique.

Légalement, on désigne par « laine » les fibres du mouton ainsi que les fibres d’autres animaux ( mais dans ce dernier cas on appelle toujours ces textiles par leur nom ) dont la toison est composée de fibres kératiniques tels que la chèvre angora ( dont les fibres de toison sont désignées par « laine mohair » ), le lapin albinos ou lapin angora (dont les fibres de toison sont désignées par « Angora » ), la chèvre dite cachemire ( dont les fibres de toison sont désignées par le même terme « cachemire »), le lama, l’alpaga, le guanaco, le chameau domestique, yack, etc et est utilisée dans tous les domaines du textile : tricot, vêtements tissés, chaussants, tissus d’ameublement, tapis et autres.

La zootechnie permet l’amélioration de la quantité et de la qualité de laine produite et, par extension, le mot « laine » est aussi utilisé pour désigner d’autres matériaux, souvent d’origine minérale ou fabriqués par synthèse chimique, présentant des caractéristiques communes, comme leur pouvoir isolant ou leur apparence, et utilisés dans le bâtiment : laine de verre, laine de roche, laine de bois…

La laine est un bon isolant thermique, notamment du fait qu’elle emprisonne près de 80 % d’air dans son propre volume, absorbe facilement l’humidité ( 1 kg de laine contient environ 150 g d’eau ) et est relativement étirable mais ne reprend que difficilement sa forme originelle car une fibre de laine mesure de 20 à 80 microns de diamètre et sa longueur varie de 2 à 30 cm et est recouverte d’écailles, sa section montre une sorte d’écorce appelée cuticule où se creuse un canal.

Seule la laine de première qualité provenant de la tonte d’animaux sains et vivants peut être dotée du label « Woolmark », la désignation « laine vierge » correspond à un produit auquel on n’a ajouté que 7 % au maximum d’autres fibres, tandis que pour la pure laine vierge ce pourcentage est ramené au maximum à 0,3 % d’autres fibres, les désignations 100 % laine, pure laine ou laine peuvent correspondre à une laine de moindre qualité ou à de la laine recyclée, de même, la désignation « No Child Labor » peut être observée sur certains produits en laine car ce label est un gage de qualité puisqu’il certifie que la laine n’est pas travaillée par des enfants.

L’art de produire des fils textiles, qui tire son origine des besoins fondamentaux de l’homme ( se nourrir, se loger, se vêtir ), peut être considéré comme étant aussi ancien que l’humanité car l‘homme s’est inspiré des animaux que la nature avait généreusement pourvus d’une fourrure, tout d’abord en se vêtant des peaux des animaux morts, puis en prélevant les poils des fourrures, en confectionnant du feutre, puis des fils qui donnèrent finalement un textile propre à être utilisé comme vêtement.

La filature est donc l’art de confectionner, à partir de filaments discontinus et irréguliers comme les poils qui constituent la laine, un fil continu devant présenter certaines qualités exigées en vue de sa destination ultérieure1.

Les principales qualités recherchées sont la solidité, l’élasticité, la régularité et la grosseur ( ou « numéro » ) du fil et pour pouvoir confectionner un fil continu qui possède ces qualités, il faut transformer la laine en lui faisant subir un certain nombre d’opérations destinées à épurer et nettoyer, démêler et isoler, paralléliser, régulariser, affiner et tordre.

Les transformations de la laine

Tonte

Dans les temps archaïques, le mouton s’arrachait sa laine lui-même, en se frottant contre les troncs d’arbre, par exemple, par sélection, les éleveurs ont conservé le gêne de la permanence de la laine afin de pouvoir la récolter, c‘est ainsi que le mouton a besoin de l’homme pour le débarrasser de sa toison qui ne tombe plus car la tonte est sanitaire pour l’animal qui a lieu au printemps, en général une fois par an et il arrive que l’on puisse effectuer deux tontes dans l’année car dans les premiers mois, la laine pousse particulièrement vite.

    

La tonte des moutons s’effectue à l’aide de ciseaux forces ou d’une tondeuse électrique, la laine coupée dans toute sa longueur, se tient d’une seule pièce, grâce à l’enchevêtrement serré des fibres, c‘est la toison et, en moyenne, un tondeur de moutons professionnel tond 100 à 150 moutons par jour et certains champions australiens atteignent jusqu’à 300 moutons.

Tri

À la ferme, les différentes parties de la toison sont classées en lots suivant leur qualité car un nombre important de corps étrangers et d’impuretés se retrouvent dans la toison dont la laine représente entre 2 et 8 kg, et peuvent constituer jusqu’aux deux tiers du poids de celle-ci et ces impuretés sont principalement le suint, de la terre, de la paille, du foin, des graines disséminées par zoochorie, des matières fécales sèches et les toison peuvent être débordées, c’est-à-dire débarrassées de ses parties sales.

Les toisons sont ensuite pliées, roulées et mises en balles ( de 170 kg en moyenne ) avant d’être acheminées vers les centres de vente, puis vers les usines textiles et cinq millions de balles de laine partent ainsi chaque année d’Australie vers les pays transformateurs situés en Europe, en Amérique et surtout en Asie.

Lavage

Naturellement grasses, les toisons retiennent poussières et débris végétaux, aussi cette laine, dite laine brute, est-elle d’abord lavée et séchée dont il y a cinq phases :

  1. le trempage (pour enlever le maximum de terre)
  2. le dégraissage (récupération de la suintine)
  3. le lavage 
  4. le rinçage
  5. puis vient la phase de sèche ( ni trop ni trop peu – si elle est trop sèche, cela entraîne de gros problèmes en carderie à cause de l’électricité statique et si elle est trop humide, les matières végétales vont se dérouler et partir avec le ruban ; la carde ne pourra faire son travail, éliminer les matières végétales en plus de paralléliser les fibres ).

La graisse, ou suint, est récupérée et raffinée, pour être utilisée en pharmacie et dans la fabrication des produits de beauté sous le nom de lanoline, toutefois, toute la matière grasse n’est pas enlevée et une infime partie est laissée sur la fibre, sinon elle serait impossible à travailler ( laine décreusée d’où électricité statique et problèmes en carderie ).

Cardage

Dans cette opération, il s’agit de démêler la laine qui est d’abord ensimée, c’est-à-dire imprégnée d’une émulsion destinée à faciliter le démêlage puis elle passe dans la carde : des tambours garnis de très fines pointes d’acier, tournant à grande vitesse, divisent et parallélisent les fibres de laine et retiennent les impuretés végétales qui ont pu rester.

Suivant l’usage final auquel la laine est destinée, elle suivra, à partir du cardage et jusqu’à la transformation en fil, l’un ou l’autre cycle suivants :

  • le cycle peigné, suivi de préférence par les laines fines.
  • le cycle cardé, suivi par les laines de plus gros diamètre de fibre.

Défeutrage

Les fibres composant le ruban à la sortie de la carde ne sont pas rigoureusement alignées, certaines sont encore emmêlées : aussi dit-on qu’elles feutrent mais avant de peigner ce ruban, il faut le défeutrer, c’est-à-dire le régulariser, le paralléliser et en redresser les fibres dont on procède par trois passages successifs sur des machines qui assument le doublage et l’étirage des rubans et cette partie s’appelle aussi la préparation c’est une préparation de sorte à mettre le ruban aux normes ( poids pour la mise sur peigneuse ).

Peignage

Cette opération complète et parfait le cardage des laines passant par le cycle peigné, vise principalement à éliminer les fibres très courtes, appelées blousses, et les dernières petites impuretés qui subsistent encore et pour ce faire, le ruban de carde passe au travers d’une succession de peignes de plus en plus fins, comme le cardage, le peignage fournit une matière première pour la filature, sous forme de rubans de peigné.

Filature

Les mèches fines de carde et les rubans de peigné sont transformés en fils, l‘opération consiste en étirages successifs par les métiers à filer, qui vont amener progressivement la mèche ou le ruban primitifs à une grosseur qui pourra être 400 fois moindre, le fil subira également une torsion et sera le plus souvent retordu avec un ou plusieurs autres fils, afin de le rendre plus solide et surtout plus régulier, le fil de laine obtenu est fin, assez élastique, résistant, surtout s’il est retors, l‘aspect du fil de laine cardée est plus poilu et irrégulier que le fil de laine peignée, lui-même beaucoup plus lisse car ses fibres sont couchées et fines et le filage peut aussi se faire de manière artisanale, à la main, à l’aide d’un fuseau ou d’un rouet.

Teinture

Une fois propre, on peut teindre la laine ou la laisser dans sa couleur naturelle ( blanc, noir, brun, abricot pour les alpagas ), peut être réalisée à différents stades de la transformation suivant la technique utilisée : soit après le lavage, soit sur rubans avant la filature, soit encore au stade du fil ou après le tissage ou le tricotage.

Tissage

Le tissage consiste à entrecroiser des fils, peignés ou cardés, les fils disposés dans le sens de la longueur de la pièce de tissu constituent la chaîne, les fils disposés dans le sens de la largeur forment la trame.

Tricotage

Le tricotage est une technique différente qui consiste à fabriquer un réseau de mailles à l’aide d’un fil que le métier forme en boucles passant les unes dans les autres et le tricotage industriel permet d’abord d’obtenir des tissus tricotés ( jersey ), ainsi que des tricots prêts à porter ( Fully-Fashioned ou diminué ).

Les apprêts

Après le tissage ou le tricotage, tissus et tricots sont soumis à une suite d’opérations de finissage très variées : les apprêts, qui leur donneront leur aspect et leur toucher définitifs, les tissus peuvent, par exemple, être grattés pour rendre leur surface plus veloutée, ou bien foulés ( c’est-à-dire passés entre des rouleaux qui les compriment alors qu’ils sont encore humides ) afin de les rendre denses et feutrés et sont alors prêts à être vendus au mètre dans les magasins ou livrés aux confectionneurs qui couperont et coudront les vêtements en série.

Utilisation dans le bâtiment

Revêtements des sols

La laine constitue les plus belles moquettes, les coloris en laine sont beaucoup plus profonds qu’en fibres synthétiques, par mélanges de laine on peut faire toutes les gammes de beige et de gris chaud en laine à la filature, sans utiliser d’eau car la laine est une ressource naturelle renouvelable et les moquettes de laine sont le revêtement de sol qui affectent le moins l’environnement.

Sécurité feu et fumées

Concernant la réaction et la résistance au feu, elle est considérée comme « difficilement inflammable » : ( c’est la seule fibre autorisée dans les boites de nuit, les trains et les avions car elle ne dégage pas de fumée toxique ).

  • classée M3 en France selon la norme NF EN 13 501-1 ;
  • classée Bfl S1 ou Cfl S1 selon la norme européenne Euroclass EN 13 501-1

Régulateur d’hygrométrie

La laine purge l’humidité de l’atmosphère, si celle-ci est trop humide, et rejette l’humidité dans l’air, s’il est trop sec.

Isolant thermique

Dans ses fonctions de moquettes, et aussi ( pour les laines de second ordre ) dans l’isolation des parois et des toitures, c’est un isolant parfaitement naturel, a un coefficient de conductivité thermique de l’ordre de 0,035 à 0,050 W·m-1·K-1 et une masse volumique de 10 à 30 kg/m3.

Dans la province du Qinghai, en Chine, on transformait encore en 1990 les flocons laineux en matériau de construction, gorgés d’eau, enroulés autour d’un pieu, ils étaient réduits à l’état de ballot, traîné derrière un cheval pendant des heures : grâce à ce traitement de choc, les fibres se tassaient et le feutre épais obtenu servait à doubler les parois des habitations provisoires d’un campement.

En Mongolie, et dans d’autres pays d’Asie centrale, comme le Kirghizstan par exemple, la laine est encore transformée en 2011 en feutre selon la technique du ballot traîné derrière le cheval et ce feutre sert à isoler les yourtes, ces tentes de nomades utilisées encore aujourd’hui par la moitié de la population mongole.

Pays producteurs de laine

Principaux pays producteurs de laine en 2013 :

 

Pays

Production

% mondiale

1

Chine

471 100 t

22,1 %

2

Australie

360 500 t

16,9 %

3

Nouvelle-Zélande

165 000 t

7,8 %

4

Royaume-Uni

68 000 t

3,2 %

5

Iran

61 500 t

2,9 %

6

Maroc

56 000 t

2,6 %

6

Soudan

56 000 t

2,6 %

8

Russie

54 700 t

2,6 %

9

Turquie

51 200 t

2,4 %

10

Inde

46 500 t

2,2 %

Total monde

2 127 000 t

100 %

Symbolique

Les noces de laine symbolisent les 7 ans de mariage dans le folklore français