La Plantation

Une plantation est une exploitation agricole où l’on cultive des plantes à forte valeur économique destinées principalement à la vente sur les marchés internationaux, ces cultures sont, par exemple, le coton, la canne à sucre, le café, la banane, l’ananas, l’Aloe vera, le teck, le cacao, la coca, le chanvre, le pavot, l’hévéa, le sisal, l’indigotier ( Indigofera tinctoria ), le poivre, le tabac, les fleurs ou la vanille et l‘exploitation est souvent conduite en monoculture mais ce n’est pas une règle.

Les premiers exemples de plantations ont été les latifundia de l’antiquité, qui ont produit de grandes quantités de vin et d’huile d’olive pour l’exportation, les plantations ont vu leur nombre augmenter rapidement avec l’augmentation du commerce international et le développement d’une économie mondiale qui ont suivi l’expansion des empires coloniaux européens.

Les plantations coloniales des Amériques ont employé des populations déportées du continent africain et mises en esclavage, et des serviteurs engagés comme main-d’œuvre et les plantations ont ainsi été associées à de grandes disparités de richesse et de revenu, à la propriété étrangère, à l’influence politique et à l’acculturation.

Le terme « plantation » peut aussi être employé pour parler d’une plantation forestière et dans les Antilles et en Guyane, on parlera d’habitation.

Esclavage et Plantation

Les bas salaires et une protection sociale minimale des travailleurs des plantations ont été à la base de la rentabilité des plantations, ainsi des plantations comme celles produisant du sucre et du rhum dans les Caraïbes et au Brésil, le tabac dans les 13 colonies et le coton dans le sud des États-Unis ont utilisé l’esclavage comme mode dominant de gestion des populations ouvrières.

De très nombreux africains ont été déportés et mis en esclavage pour travailler à grande échelle dans les plantations des États du sud des États-Unis, dans l’ensemble des Caraïbes, aux Brésil et dans les régions d’Afrique occupés par les Européens.

Aux États-Unis, l’esclavage était pratiqué essentiellement dans les plantations de tabac puis de coton, ainsi la Virginie est connue pour avoir avant la révolution, un nombre important de son élite issue des planteurs et de possesseurs d’esclaves, qui possédaient des plantations de tabac.

En 1860, une personne sur 4 familles était propriétaire d’esclaves en Virginie et les chiffres cités ici sont tirés du recensement de 1860.

  • Nombre d’esclaves dans le Sud profond : 2 312 352 (47 % de la population totale).
  • Nombre d’esclaves dans le Sud supérieur : 1 208 758 (29 % de la population totale).
  • Nombre d’esclaves dans les États frontaliers : 432 586 (13 % de la population totale).

Moins d’un tiers des familles du Sud possédait des esclaves à l’apogée de l’esclavage avant la guerre de Sécession, dans le Mississippi et la Caroline du Sud, elles étaient proches de la moitié.

Dans une plantation typique de plus de 20 esclaves, la valeur en capital des esclaves était supérieure à la valeur en capital des terres et des outils.

Plantation de Canne à Sucre

La culture de la canne à sucre était très courante dans les Caraïbes aux XVIIIéme siècle, XIXéme siècle et XXéme siècle et la consommation de sucre en Europe a sensiblement augmenté pendant cette période et les plantations de canne à sucre se concentrent alors dans des pays comme la Barbade et Cuba en raison de la fertilité du sol et des faibles coûts de la main d’œuvre, seulement possible grâce à l’arrivée d’esclaves africains qui produisaient 80 à 90 % du sucre consommé en Europe occidentale, sans compter les produits connexes comme le rhum et la mélasse qui ont eux aussi une forte valeur commerciale.

Au XVIIéme siècle, la canne à sucre a été introduite dans les Antilles britanniques notamment la Barbade par des colons venus du Brésil, la production est rapidement passée de la culture du coton et du tabac à celle de la canne à sucre, à cause de la baisse des prix du coton et du tabac qui subissaient la concurrence des colonies nord-américaines puis, pendant environ 1 siècle, la Barbade est ainsi restée la plus riche de toutes les colonies européennes dans la région des Caraïbes, sa prospérité au niveau régional est resté inégalée jusque dans les années 1740 où la production de canne à sucre a augmenté dans des pays géographiquement plus grands comme l’Hispaniola, la Jamaïque et durant le XIXéme siècle, la canne à sucre était très présente en Martinique, à Grenade, à Sainte-Croix, en Jamaïque, à la Barbade, dans les îles Sous-le-Vent, à Saint-Domingue, à Cuba et en Guyana.

Avec l’abolition de l’esclavage au XIXéme siècle, les productions de canne à sucre ont continué de croître, mais les betteraves à sucre cultivées dans les climats tempérés, ont augmenté leur part de marché.

Plantation d’Indigo

L‘indigo ( Indigofera ) était une culture importante pendant la période coloniale tant aux États-Unis, qu’en Haïti, au Guatemala, et en Inde et était cultivé pour la fabrication de teinture à l’indigo à l’époque pré-industrielle mais au début du XXéme siècle, il sera notamment synthétisé par BASF ce qui sonna le déclin des cultures de l‘indigo.