La Soie

La soie, fibre textile d’origine animale produite par de nombreux arthropodes, araignées et chenilles de certains papillons notamment ( Yponomeutes, bombyx ), sert à produire des tissus de soie, est issue du cocon produit par la chenille ( ver à soie ) du bombyx du mûrier ( Bombix mori ) pour la soie de culture, et du ver à soie Tussah ( plusieurs espèces de chenilles du genre Antheraea ) pour la soie sauvage.

La technique permettant de produire la soie date de 2500 av. J.-C. et vient de Chine par la route de la soie, a été un secret jusqu’en 560 et la production a commencé en Europe au VIéme siècle, en France, la production débuta au XIIIéme siècle, l’élevage des vers à soie est appelé  » sériciculture  » et la soierie désigne aussi bien la fabrication de soie que la marchandise ainsi produite ou que le lieu où on la produit ou on la commercialise.

L’histoire de la soie semble débuter selon les découvertes récentes entre 3000 et 2000 ans av. J-C ( le plus vieux fragment de soie découvert en Chine datant de 2570 av J-C. ), se poursuivra ensuite avec trois millénaires d’exclusivité durant lesquels la Chine commerce ce tissu précieux sans jamais en transmettre le secret et l’art de fabriquer la soie se serait ensuite progressivement transmis aux autres civilisations par le biais d’espions de tous genres ( moines, princesses …) aux pillards et aux marchands, cependant, des découvertes récentes dans la vallée de l’Indus ( à Harappa et à Chanhu Daro ), au Pakistan, laissent à penser que la civilisation qui y vivait ( -2800 à -1900 avant J-C ) connaissait et maîtrisait déjà l’usage de la soie.

En Europe, la soie fut longtemps un monopole de l’Empire romain d’Orient, arrivée en Europe occidentale à la fin du Moyen Âge, la production de soie parvient au stade de l’industrialisation à partir du XIXéme siècle, à Lyon notamment ( la Fabrique ) et connaît toutefois un grave déclin lié à la concurrence de fibres modernes ( dont le nylon ), à l’évolution des coutumes vestimentaires en Europe, à l’essor de certains pays d’Asie et aux épidémies qui touchent le ver à soie en France, menant à la situation actuelle où la production est à nouveau essentiellement asiatique.

Chaque cocon n’est fait que d’un seul fil appelé bave, pour trouver l’extrémité de chaque fil, on remue constamment les cocons avec un petit balai de bruyère ( dans les Cévennes et partout en France ) ou de paille de riz ( en Chine ), celui-ci sert à accrocher les premiers fils de dévidage, chaque fil étant trop fin, on en réunit plusieurs ( une dizaine ) lors du dévidage et ceux-ci se soudent entre eux grâce au grès, lors de son refroidissement.

Les fils sont enroulés sur des « dévidoirs », la soie est alors dite soie « grège », celle-ci est ensuite enroulée sur des écheveaux ou « flotte » et 1 kg de soie grège s’obtient avec 8 à 10 kg de cocon et pour le tissage, la soie se présente sous la forme de flotte, est enroulée sur un tambour « l’ourdissoir » qui permettra de monter les fils de chaîne sur le métier et est dévidée sur une « cannette » qui sera placée dans la « navette » qui sert à tisser la trame.

La soie est une protéine, la fibroïne, constituée d’un polymère d’acides aminés, c’est essentiellement une répétition d’acides aminés hydrophobes alanine-glycine et a une structure en feuillet bêta.

Le comte Hilaire de Chardonnet est l’inventeur de la « soie artificielle », dont le nom a été modifié en « rayonne » par une loi du 8 juillet 1934 et des projets d’organismes génétiquement modifiés pour produire des soies hautement résistantes ou à moindre coût ont existé.

À l’époque d’Edo ( XIXe siècle ), le Japon a sauvé la sériciculture française en envoyant des vers à soie pour pallier les pertes liées à une épidémie puis Louis Pasteur et ses équipes se sont emparés de la question et ont trouvé le remède à cette épidémie, une innovation introduite par Meiji au Japon… et aujourd’hui encore, les vers à soie font l’objet de collaborations scientifiques entre la France et le Japon.

À l’époque Meiji, les maisons de commerce ont prospéré sur les échanges entre la France et le Japon, marquent le début des relations économiques entre les deux pays et ce sont ces mêmes entrepreneurs ( Léon Barmont, Joël Reynaud, Charles Eymard ) qui fondent la Chambre de commerce et d’industrie française du Japon en 1918.

Les noces de soie symbolisent les 12 ans de mariage dans le folklore français, en astronomie chinoise, des astérismes ( l’équivalent des constellations occidentales ) sont en rapport avec la sériciculture : Fukuang représente un panier rempli de feuilles de mûrier, qui servent à nourrir les vers à soie, et Zhinü représente une femme en train de filer ou de tisser de la soie.

Un des tests les plus simples pour savoir si l’on a affaire à de la soie pure est de désassembler les fils de chaîne des fils de trames d’un petit échantillon du tissu, et de les brûler chacun de leur côté car il est possible d’utiliser plusieurs types de fibres pour le tissage d’une pièce, ainsi de la viscose ou du polyester peuvent être mélangées à de la soie pure, sans que l’acheteur s’en aperçoive et, si on a affaire à de la soie pure, ils brûleront lentement avec une petite flamme car la soie s’enflamme plus facilement que la laine, moins aisément que le coton, et la flammèche qui la consume s’éteint d’elle-même très rapidement dont la fumée qui s’en dégage s’envole vite, formant un filet opaque et la cendre de soie pure, grisâtre, s’écrase facilement sous les doigts, dégageant une odeur de cheveux ou de plumes brûlées.

Brûler des fibres en viscose ne laisse presque aucun résidu, ceux-ci sont pulvérulents et de couleur noire, la viscose s’enflamme rapidement, générant un flash avec une flamme jaune, comme le coton car sa combustion dégage une odeur faible, comme celle d’un morceau de papier journal enflammé.

Les fibres de polyester laissent une cendre noire, dure au toucher après avoir refroidi et d’un aspect brillant, le polyester brûle plus rapidement que la viscose et dégage une flamme bleue, sa structure semble fondre et crépite un peu et la combustion de fibres de polyester dégage une odeur vinaigrée, légèrement aigre, qui prend au nez.