Le Chrome

Le chrome ou dichromate de potassium, aussi appelé bichromate de potassium, est un solide ionique orange de formule et, dans l’eau, il se dissocie en ions dichromate et en ions potassium et l‘ion dichromate étant un puissant agent oxydant, ce produit est couramment utilisé dans les réactions d’oxydo-réduction en laboratoire et dans l’industrie mais comme tous les composés du chrome hexavalent le dichromate est dangereux pour la santé.

Utilisation

Le dichromate de potassium est utilisé dans les éthylotests car l’éthanol est un alcool primaire qui, en présence d’un excès d’oxydant, s’oxyde en acide éthanoïque selon la réaction, la réaction est catalysée par du nitrate d’argent, l’ion dichromate est orangé et la couleur passe au vert avec la réaction, indiquant par là la présence ou non d’alcool et par réaction avec l’acétate de plomb, il donne le chromate de plomb solide insoluble, largement utilisé comme pigment : le jaune de chrome, mais le plomb est maintenant interdit dans les peintures en raison de sa toxicité, étant un facteur de saturnisme et est aussi utilisé comme mordant ou comme agent servant à teindre les bois à tanin tels que le bois de chêne, en effet, il réagit avec les tanins pour donner au bois une couleur plus foncée.

Structure

La structure de l’ion dichromate est celle d’un ion qui résulte de la condensation de la forme acide de deux ions chromate et la longueur des liaisons du pont Cr-O-Cr est 0,19 nm et l’angle est 115 ° en O, la longueur des autres liaisons Cr-O est 0,16 nm et cette diminution sensible est due à leur caractère de double liaison.

Couleur

Au regard de la théorie du champ cristallin, l’ion dichromate ne devrait pas être coloré puisqu’il n’y a pas d’électron d sur le chrome, la couleur de cet ion n’est donc pas due à des transitions entre niveaux 3d, mais à des transitions à transfert de charge depuis les niveaux des ions oxydes vers ceux du chrome.

Réactivité

La réactivité de l’ion dichromate est principalement rédox, mais également acidobasique.

Acidobasicité

L’ion dichromate est en équilibre acidobasique avec l’ion chromate, ce dernier étant stable en milieu basique ( au-dessus de pH = 6 ), il suffit de changer le pH pour voir la solution passer de l’orange ( dichromate ) au jaune ( chromate ) et il s’agit de l’équilibre de condensation décrit ci-dessus et entre pH 2 et pH 6, la forme la plus stable est HCrO4., et à pH plus acide, la forme stable est H2Cr2O7.

Oxydoréduction

Le potentiel rédox de référence du couple dichromate / chrome est 1,33 V, ce qui le place juste au-dessus du couple O2 / H2., donc limite instable sur le plan thermodynamique, mais n’est pas génante dans la pratique.

Autres réactions

En présence d’acide chlorhydrique concentré, l’ion dichromate donne l’ion chlorochromate, ce dernier s’hydrolyse dans l’eau en absence d’acide chlorhydrique, les ions fluorochromate, bromochromate et iodochromate se forment de même et, à chaud, en présence de chlorure de potassium et d’acide sulfurique, il se forme le chlorure de chromyle, un liquide rouge foncé qui bout à 117 °C.

Allergies

Le dichromate de potassium provoque des allergies, surtout des eczémas atopiques ou de contact, chez les personnes sensibles au chrome mais il est difficile de ne pas être en contact avec le chrome, car des sels de chrome ( dont le bichromate de potassium ) sont présents en de nombreuses circonstances, notamment le tannage du cuir et le travail du ciment.