Le Coton

Le coton est une fibre végétale qui entoure les graines des cotonniers « véritables » ( Gossypium sp. ), un arbuste de la famille des malvacées, cette fibre est généralement transformée en fil qui est tissé pour fabriquer des tissus et est la plus importante des fibres naturelles produites dans le monde.

Coton, préparé pour une récolte mécanisée par un défanage chimique (généralement par du Méthanearséniate monosodique, qui est une source durable et croissante de pollution des champs de coton par l’arsenic.

Depuis le XIXéme siècle, il constitue, grâce aux progrès de l’industrialisation et de l’agronomie, la première fibre textile du monde (près de la moitié de la consommation mondiale de fibres textiles).

Botanique

La Plante

Herbacé ou ligneux, le cotonnier pousse dans les régions tropicales et subtropicales arides et le cotonnier sauvage (« coton pérenne ») vit une dizaine d’années et peut mesurer jusqu’à dix mètres.

En culture, on limite sa taille à un ou deux mètres pour faciliter le ramassage du coton et est généralement exploité sous la forme de plante annuelle et, à la floraison apparaissent de grandes fleurs blanches ou jaunes à cinq pétales, sans odeur notable, ensuite des capsules aux parois épaisses et rigides se développent et lorsqu’elles s’ouvrent, elles laissent s’échapper des graines et des bourres de coton recouvertes d’une houppe de fibres blanchâtres et soyeuses pouvant mesurer entre 2 cm et 5 cm de long selon les variétés dont on en extrait les fibres, qui sont utilisées notamment pour produire des étoffes.

Variétés

Les variétés de cotonnier les plus connues sont le Gossypium arboreum et le Gossypium herbaceum, ces deux formes de cotonnier à fibres courtes ont donné naissance à de nombreuses variétés, mais ne sont presque plus exploitées en tant que telles, car leurs fibres sont trop courtes.

Le Gossypium barbadense, cotonnier d’origine péruvienne, compte pour environ 6 % de la production mondiale de fibres, sa culture a été notamment introduite en Égypte et produit, aujourd’hui au travers de la qualité  » Jumel « , l’un des meilleurs cotons du monde en termes de qualité et de longueur de fibres.

Le Gossypium hirsutum qui représente environ 81,5 % de la production mondiale de fibres est également originaire d’Amérique du Sud.

Culture

La culture du cotonnier nécessite une saison végétative longue, beaucoup de soleil et un total de 120 jours arrosés pour assurer la croissance puis un temps sec en fin de cycle végétatif pour permettre la déhiscence des capsules et éviter le pourrissement de la fibre et ces conditions climatiques se rencontrent généralement sous les latitudes tropicales et subtropicales car le cotonnier supporte les climats tempérés à condition qu’il ne gèle pas.

     

La culture du cotonnier est majoritairement pluviale ( Afrique subsaharienne, une grande partie des cultures des États-Unis, de l’Inde, de la République populaire de Chine ), la culture pluviale est théoriquement possible dès 400 mm de précipitations annuelles, pourtant, dans les faits, le cotonnier ne peut être cultivé sans irrigation qu’avec une pluviométrie supérieure à 700 mm/an, afin de pallier la variabilité interannuelle des pluies et les irrégularités de leur distribution, ainsi, 40 % des surfaces cultivées en coton ( Égypte, Ouzbékistan, Pakistan, Syrie ) sont irriguées, ce qui peut poser des problèmes de pollution par les pesticides.

    

Pour lutter contre les parasites du cotonnier, et pour défaner chimiquement le cotonnier avant récolte ( au Méthanearséniate monosodique en général ), les cultivateurs des États-Unis ont longtemps utilisé et utilisent encore une grande quantité de pesticides contenant de l’arsenic ( arséniate de plomb autrefois et organoarsénicaux aujourd’hui ), ce qui a contribué à une pollution et une dégradation croissante des sols dans les régions de grande culture du cotonnier ( Louisiane par exemple ) et les producteurs de cotonnier bio n’utilisent pas ces produits mais ont une production moindre et plus coûteuse en main d’œuvre.

Les variétés de cotonniers asiatiques sont Gossypium arboreum et Gossypium herbaceum, les cotonniers américains sont Gossypium hirsutum et Gossypium barbadense.

Histoire

Le coton est utilisé pour fabriquer des vêtements légers depuis des millénaires dans les régions au climat tropical et on a trouvé des fragments de coton datant d’il y a environ 7 000 ans dans des grottes de la vallée du Tehuacán, au Mexique.

Du coton naturellement coloré datant de plus de 5 000 ans a été découvert sur la côte Nord du Pérou et est en effet cultivé en Inde depuis plus de 3 000 ans et le Rig-Veda, écrit en 1500 av. J.-C. le mentionne puis, mille ans plus tard, le grec Hérodote mentionne le coton indien : « Là-bas il y a des arbres qui poussent à l’état sauvage, dont le fruit est une laine bien plus belle et douce que celle des moutons dont les Indiens en font des vêtements. »

À la fin du XVIéme siècle, le coton, dont le nom vient de l’arabe ( el kutun ) via le castillan ( « el algodón », un cas de métanalyse ), s’est répandu dans les régions plus chaudes en Amérique, Afrique et Eurasie et l’artisanat cotonnier en Inde profite ensuite de vogue pour les  » indiennes « , livrée à l’état brut puis imprimées en Suisse puis en France.

La révolution industrielle britannique a commencé par des inventions qui ont permis une productivité centuplée et la multiplication par 44 du nombre d’ouvriers cotoniers : en 1764, James Hargreaves construit la première machine à filer industrielle à plusieurs fuseaux baptisée « Spinning Jenny », quelques années plus tard, Richard Arkwright inventa la machine à peigner et à filer, et c’est finalement Samuel Crompton qui fit la synthèse de ces deux métiers en 1779 en créant le Mule-jenny ( mulet ) à la productivité environ 40 fois plus élevée que le rouet.

En 1793 en Georgie, l’américain Eli Whitney invente le Cotton gin, une machine égreneuse qui permet de séparer la graine du coton de sa fibre, en 1801, Jacquard mit au point l’un des premiers métiers à tisser automatiques, le métier Jacquard, fonctionnant avec de grandes cartes perforées qui permettaient la réalisation de motifs variés.

Lorsque l’Angleterre récupère l’Inde en 1858, elle cesse d’importer du coton, le second débouché du coton indien était essentiellement chinois puis le tissage reprendra sous l’influence du Mahatma Gandhi.

Le coton reste la fibre textile la plus largement utilisée dans le monde malgré l’apparition des fibres synthétiques.

Le coton est l’un des produits dont le commerce a contribué à la mondialisation de l’économie ( livraison de coton des États-Unis dans le port de Brême ( Allemagne ), mars 1949 )

Économie

Economie Internationale

Alors que les États-Unis restent le premier exportateur de coton au monde, en 2012/13, la politique chinoise dans le secteur cotonnier a commencé à avoir une emprise de plus en plus importante sur les marchés mondiaux du coton, les réserves chinoises représentant 63 % des stocks mondiaux et actuellement, la Chine fournit le niveau de soutien au secteur cotonnier le plus élevé dans l’ensemble, mais c’est l’UE qui fournit le plus haut niveau de soutien par tonne de production.

Production de coton des principaux pays en 2014

Le Coton en Asie

Le coton en Inde

Le coton se cultive dans le sous-continent indien depuis plus de cinq mille ans, le climat chaud et humide s’y prête, cette culture exigeant des températures supérieures à 15 °C durant la plus grande partie de son cycle, c’est dans les États du centre de la république de l’Inde ( Maharashtra, Gujerat et Tamil Nadu ) qu’elle est particulièrement développée, le pays produisant en 1992 un total de 1 617 000 tonnes de fibres de coton par an dont la variété la plus courante est celle du coton herbacé et après floraison, l’ovaire de la plante se transforme en une capsule contenant 20 à 50 graines, chacune entourée de 10 000 fibres de coton, ces fibres sont isolées, pressées en balles et enfin cardées, filées ou peignées et réservées à la fabrication des bougies, les premières mèches de coton apparaissent en Angleterre en 1298 mais l’utilisation industrielle du coton indien ne démarre qu’au XIXéme siècle, après l’invention des métiers à tisser automatiques, les premières filatures s’installent à Bombay et, tout d’abord prospère, cette industrie est freinée par les colons britanniques qui préfèrent envoyer du coton brut en Angleterre et le faire transformer dans les ateliers de tissage du Lancashire, le boycott des produits manufacturés anglais et un appel en faveur du tissage local font partie du « programme de non-coopération » que lance Gandhi en 1920 et depuis son indépendance en 1947, la république de l’Inde a relancé son industrie textile, aux colorants naturels se substituent les bains chimiques, sources de pollution et aujourd’hui, l’Inde produit 12 mètres de coton tissé par habitant et compte au nombre des pays exportateurs derrière, notamment, les États-Unis et la Chine.

Le coton en Ouzbékistan

La culture du coton est une ressource économique importante pour l’Ouzbékistan, premier producteur et exportateur de coton de l’ex-URSS, les producteurs de ce pays ont été accusés d’utiliser pour la récolte le travail forcé des enfants ( sous un soleil accablant, pour des rémunérations dérisoires ), malgré les pressions internationales et les interdictions formelles du gouvernement ouzbek d’utiliser le travail des enfants, il apparaît que la réalité sur le terrain reste inchangée.

Le coton en Afrique

Le coton représente la plus importante source des recettes d’exportation agricole des PMA, le Bénin, le Burkina Faso, le Tchad et le Mali sont ainsi connus comme le groupe des « Cotton Four ».

Conditions Biologique

La savane africaine est distribuée au Nord, à l’Est et au Sud du continent, couvrant une grande partie du territoire et pour la culture du coton, l’alternance entre climat humide et sec est primordiale, le premier pour son développement et le second pour la maturation des fruits, or, dans la savane africaine, où le coton pousse le mieux, le climat est caractérisé par une saison humide ainsi qu’une saison sèche pouvant varier de 4 à 8 mois, le sol africain étant déjà assez riche en matière organique, ces sols sont extrêmement enrichis à l’aide d’engrais chimiques, en outre, à la fin de la saison de culture, les plants sont coupés et brûlés directement dans les champs, ce qui permet une remise en circulation directe de la plupart des nutriments, mais réduit la disponibilité du phosphore, qui est essentiel à la croissance végétale et dans les pays africains à faible pluviométrie, le coton doit être irrigué, c’est le cas d’une grande partie des superficies cultivées en Égypte et de la totalité de celles du Maroc.

Au cours des quarante-cinq dernières années, en Afrique de l’Ouest, les superficies de terres cultivables consacrées au coton sont passées de 1,5 % à 3,5 %, cette extension des surfaces cultivées en coton s’est accompagnée d’une augmentation des rendements, évoluant de 400 kg/ha au début des années 1960 à 1 tonne/ha aujourd’hui, cela pourrait laisser percevoir un épuisement des sols à long terme, ainsi qu’une pollution causée par la sur-utilisation d’engrais chimiques.

Conditions sociales et économiques

Dès la deuxième moitié du XIXéme siècle, le marché du coton subit des fluctuations qui se perpétueront jusqu’à aujourd’hui, le commerce du coton prend de l’expansion en Afrique, alors que la guerre de sécession qui se déclare aux États-Unis en 1861 oblige ces derniers à se tourner vers les colonies européennes en Afrique pour s’approvisionner et dans la première moitié du Xxéme siècle, le plus grand bassin cotonnier est créé dans les savanes d’Afrique-Équatoriale française ( AEF ) entre le Cameroun, le Tchad et la République centrafricaine et compte tenu de l’émergence du coton en Afrique, la banque mondiale ( BM ) lance un programme de promotion du coton, dans les années 1970, contribuant à améliorer les moyens d’existence dans les zones de production cotonnière, dans la très grande majorité des cas, le coton est produit avec relativement peu de moyens et une main-d’œuvre familiale faiblement rémunérée par rapport aux pays développés et cette culture constitue tout de même une activité génératrice de revenus pour ces familles, de plus, elle est souvent jumelée à des cultures de céréales, comme le mil et le sorgho, cela permet, grâce aux engrais du coton, d’atteindre une production plus efficace de ces céréales constituant la base de l’alimentation dans la plupart des villages d’Afrique.

Depuis les vingt dernières années, les ménages cultivant le coton ont dû augmenter la surface cultivée allouée au coton pour maintenir les niveaux de production face à la libéralisation du marché, mais aussi pour stabiliser ou même accroître leurs revenus à des moments où les prix internationaux devenaient inférieurs aux coûts de production, cette stratégie fut utile, à la fin des années 1990, lors du soutien à la production cotonnière, important dans les pays développés et aujourd’hui, la marchandise des cultures de coton représente 3 à 10 % du PIB pour cinq pays de l’Afrique de l’Ouest.

Malgré tout, les pays d’Afrique ont vu leurs efforts anéantis, lorsqu’en octobre 2001, le prix du coton est tombé à 35 cents la livre, soit un niveau inférieur à son coût de production, les producteurs africains ne bénéficiant de peu ou pas de protection face aux fluctuations des prix, ils ne pouvaient alors plus faire face à la concurrence, alors qu’autrefois, leur coton était reconnu internationalement pour sa qualité et son prix, à ce moment, quatre pays du Sahel, parmi les plus pauvres de la planète ( Tchad, Burkina Faso, Mali, Bénin ), ont donc demandé à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) la suppression des subventions massives que les États-Unis et l’Union européenne accordent à leurs producteurs et d’après une étude du Centre International pour le Commerce et le Développement Durable, pour la période 1998-2007 les agriculteurs du monde entier auraient bénéficié d’une augmentation moyenne de 3,5 % du prix du coton, si les États-Unis avaient appliqué les recommandations de l’Organe de Règlement des Différends et les producteurs africains auraient compté parmi ces bénéficiaires.

Depuis octobre 2002, les prix ont augmenté, mais il ne faut pas se réjouir trop vite, car la Chine, principal intermédiaire cotonnier au monde, a produit moins et acheté plus que les années antérieures, ce qui explique en partie la hausse, en 2007, les prix se maintiennent, à la suite de conditions climatiques défavorables dans les régions productrices comme les États-Unis.

Le coton génétiquement modifié

Le coton génétiquement modifié représentait en 2006 le quart des surfaces cultivées dans le monde et vraisemblablement le tiers de la production mondiale, les cotons GM sont aujourd’hui produits par la plupart des grands pays producteurs : Chine, États-Unis, Australie et Inde, le Brésil l’a autorisé en 2006.

En Afrique, l’Afrique du Sud, le Burkina Faso et l’Égypte cultivent du coton GM ( génétiquement modifié ) en 2012.

En Inde, en 2011, les surfaces cultivées de coton Bt ( résistant aux lépidoptères ravageurs ) couvrent 10,6 millions d’hectares mais l’exploitation des semences OGM n’est pas sans problème, le Burkina renonce au variété transgénique en 2016.

Le commerce équitable et le coton bio équitable

En avril 2005, l’association Max Havelaar France lance le premier coton équitable : des producteurs de coton d’Afrique de l’Ouest ( Mali, Sénégal, Cameroun, Burkina Faso ) entrent dans une démarche de commerce équitable et sont certifiés par Max Havelaar, la même année son homologue, l’association bio équitable, devenu bio partenaire en 2011, lance le coton biologique et équitable tout d’abord au Benin en 2005, puis en Inde en 2007 par l’intermédiaire de l’ONG Himshikha Development Project, le coton bio-équitable est contrôlé et certifié par un organisme indépendant ECOCERT.

Le sens de cette nouvelle certification « équitable »doit être précisé :

  • Il existait déjà des vêtements de coton produits selon les règles du commerce équitable, et distribués en France (notamment dans le réseau Artisans du Monde),dans ce cas, c’est la transformation du coton et son importation qui répondent aux critères du commerce équitable : la filature du coton et la confection des vêtements sont faites par des petits producteurs engagés dans une démarche à long terme avec des organisations de commerce équitable du Nord, l’importation des vêtements est faite par une centrale d’importation de commerce équitable et la production du coton lui-même échappe largement aux critères du commerce équitable.
  • La certification de Max Havelaar concerne lui la production du coton, pas des vêtements, c’est donc le premier stade de la filière qui est labellisé et les stades suivants de la filière ne sont pas soumis aux mêmes critères : les acteurs du reste de la filière ( filature, tissage, confection, importation ) textile sont « agréés » par Max Havelaar, cet agrément, contrôlé par des déclarations trimestrielles et des audits physiques ponctuels pour assurer la traçabilité, engage le fournisseur à respecter les normes de l’OIT et les distributeurs de ces vêtements en coton équitable sont les super et hyper marchés, les boutiques et la vente par correspondance, soit : Armor Lux, Célio, Cora, Eider, Hacot et Colombier, Hydra, Kindy, La Redoute, ont un simple contrat de licence avec Max Havelaar et gardent le même système de distribution que pour leurs autres produits non certifiés.

Cette certification de Max Havelaar a fait l’objet d’une controverse dans le milieu du commerce équitable, car il s’est accompagné d’un accord avec la société française Dagris, accusée par ses détracteurs d’encourager la culture de coton transgénique en Afrique de l’Ouest ( où le coton GM est actuellement peu présent ), l’usage d’OGM est en contradiction avec les principes du commerce équitable, à cause de la dépendance économique qu’il entraîne pour les petits producteurs, cela dit, Dagris, Max Havelaar et les groupements des producteurs ont décidé, conjointement, d’exclure toutes variétés d’OGM des productions bénéficiant du label « coton équitable ».

Indépendamment de cela, certaines sociétés de mode récentes ( telles qu’Ideo, Biocoton , Veja,Seyes,JRH…) développent actuellement des filières où les critères sociaux et environnementaux ( coton cultivé suivant les normes de l’agriculture biologique ) concernent à la fois la production du coton et les différentes étapes de sa transformation et le fabricant Switcher, quant à lui, diffuse depuis 1981 des vêtements en coton équitable et éthiques à toutes les étapes de leur fabrication.

Depuis le 16 janvier une grande campagne nationale a été lancée dans 10 villes de France et avec une trentaine d’ambassadeurs, Max Havelaar France incite les citoyens à couper leur étiquette  » coupez votre étiquette  » dont le but étant de changer d’étiquette, et de prouver aux grandes marques de prêt à porter que les consommateurs veulent du coton équitable.

À Paris Place Royale, ce sont près de 850 étiquettes qui ont été collectées.

A Strasbourg Place Kléber, le samedi 27 février a eu lieu une grande mobilisation, réunissant près de 500 signatures et autant d’étiquettes !

La campagne lancée en 2010, va continuer sur les prochains mois, prochainement de grandes marques pourraient passer à l’équitable.

Textile

Le coton est la première fibre textile consommée au monde.

Caractéristiques de la fibre de coton

Pouvoir absorbant

Les fibres de coton ont un bon pouvoir absorbant ( environ 8,5 % de leur poids en eau ), c’est pour cette propriété que le coton est majoritairement employé dans le linge de bain ( serviettes, gants de toilette, peignoirs ).

Pouvoir isolant

Le pouvoir isolant du coton est moyen, cependant, on peut l’améliorer par grattage. Le fait de gratter le tissu rend sa surface pelucheuse et peut ainsi retenir l’air réchauffé au contact du corps et « tenir chaud », par exemple, les sweats à capuche zippés sont souvent en jersey de coton gratté à l’intérieur.

Combustion

Un tissu 100 % coton brûle rapidement, avec une flamme et dégage une odeur de papier brûlé et laisse des cendres grises, légères et friables.

Action des bases

Les solutions alcalines faiblement concentrées n’altèrent pas les fibres de coton, ce qui permet le blanchissage, par contre une solution de soude concentrée modifie la structure du coton et ses propriétés, cette capacité de la soude à modifier le coton est utilisée dans la mercerisation ( rend les fils de coton brillants ) et dans la fabrication des textiles artificiels et la soude avec le disulfure de carbone dissout la cellulose pour produire de la viscose.

Action des acides

L’acide sulfurique concentré dissout le coton, à chaud l’acide nitrique peut oxyder la cellulose dans une réaction explosive, mais à froid il forme un ester le nitrocellulose, on utilise ce procédé dans la fabrication de la poudre sans fumée et l’anhydride acétique agit sur le coton et est utilisé dans la fabrication de l’acétate de cellulose.

Action du chlore

Le chlore brûle lentement la fibre de coton, le chlore en solution très diluée est employé dans le blanchissement des fibres et des étoffes de coton.

Action de la chaleur

Le coton supporte de hautes températures, on peut ainsi bouillir le coton blanc, d’autre part, le coton supporte le repassage à fer chaud ( 2 points sur les codes d’entretien ) mais un fer trop chaud peut néanmoins jaunir le coton blanc.

Différentes qualités de coton

La qualité d’une fibre de coton en sortie de culture est appréciée selon 3 critères :

Longueur

Le critère principal de qualité est la longueur de la fibre, la taille varie entre 1 et 4 cm selon les espèces et d’autre part les cotons les plus longs sont également les plus fins : cette finesse garantit de bonnes caractéristiques à la matière, car plus la fibre est longue, plus il est facile de la transformer en fil.

Les fibres très courtes ( linters ) sont arrachées par des égreneuses spéciales et sont employées pour la fabrication de papiers ou de textiles artificiels sous forme de cellulose régénérée, c’est l’Égypte qui produit les fibres les plus longues (+ de 3,2 cm), on les appelle longue soie ou longues fibres.

Couleur

La couleur varie du blanc crème au jaunâtre, le coton le plus blanc est plus recherché, plus le coton est proche du blanc, plus il sera facile de le blanchir complètement pour le teindre ou l’imprimer.

Propreté

Les fibres sont plus ou moins débarrassées de leurs impuretés.

Qualités des fibres de coton

La fibre de coton est très appréciée car :

  • c’est une fibre textile peu coûteuse
  • le textile obtenu est doux et confortable
  • la douceur du coton et la possibilité de l’aseptiser en font un textile privilégié pour les vêtements de bébés.
  • elle est hypoallergénique ( très peu allergisant )
  • le coton est très sain pour le contact des muqueuses (d’autres fibres favorisent la macération et donc l’apparition de champignons)
  • le coton a une bonne perméabilité à l’air : il permet à la respiration cutanée de s’effectuer
  • le coton est souple grâce au fait que les fibres sont vrillées ( elles peuvent s’allonger de 5 à 8 % )

On peut lui faire subir divers traitements

  • on peut le merceriser (rendre brillant à l’aide de soude)
  • il prend facilement les teintures
  • on peut facilement imprimer sa surface
  • on peut améliorer son pouvoir thermique en le grattant.
  • on peut l’empeser à l’aide d’amidon (ex : bazin)

Facilité d’entretien :

  • il est facile à laver
  • on peut faire bouillir le coton blanc
  • on peut le repasser à fer chaud
  • on peut le nettoyer à sec.

Inconvénients des étoffes de coton

Malgré ses nombreuses qualités, le coton a néanmoins des inconvénients :

  • tendance à rétrécir
  • pâlissement des teintures avec le temps
  • sensible à l’humidité : il développe rapidement des moisissures s’il est mal stocké
  • se déchire facilement

Utilisation des fibres de coton

Fils

Le coton est utilisé pour faire des fils mats ou brillants ( mercerisés ).

Tissage

le coton est utilisé pour tisser des étoffes très différentes suivant la taille et la torsion des fils employés et d’autre part de leur mode de tissage.

Bonneterie

Le jersey de coton est employé dans la fabrication de nombreux articles de sous-vêtements, pour les t-shirts, les pulls, etc., pour l’homme, la femme et l’enfant.

Dentelle

Beaucoup de dentelles et de tulles sont en coton.

Ouate

La ouate, ou coton ouaté, est une sorte de coton plus fin et plus soyeux que le coton ordinaire et qui sert pour les pansements et la toilette ou à garnir un vêtement, une couverture, etc., entre la doublure et le dessus.

Passementerie

Le coton est utilisé dans la fabrication des ganses, tresses, galons et franges.

Exemples de tissus

Quelques exemples de tissus réalisés à base de coton

  • Calicot ( toile servant notamment pour réaliser les banderoles )
  • Chambrai
  • Chintz ( toile teinte ou imprimée d’aspect brillant et glacé )
  • Coton à fromage
  • Gabardine
  • Moleskine ( tissu )
  • Organdi et organza
  • Percale
  • Piqué ( textile )
  • Taffetas ( toile à l’aspect craquant )
  • Tarlatane
  • Toile de Jouy
  • Tissu éponge ( serviettes de bain, gants de toilette…)
  • Vichy ( tissu )
  • Jeans ( ou denim ), toile de coton à armure de serge
  • Basin ( ou bazin )
  • Mousseline ( toile très fine et transparente au tombé fluide dû au fait qu’elle est réalisée à partir de fils très retordus )
  • Madras ( étoffe de coton et soie à carreaux )
  • Jersey de coton ( maille employée pour les t-shirts )

Plante médicinale

Le coton fait partie des plantes utilisées en médecine traditionnelle au Vietnam, une étude américaine a conclu que le coton pourrait contenir une molécule d’intérêt pour le traitement de l’ostéoporose ( maladie qui affecte près de 6 millions de femmes et 2 millions d’hommes rien qu’aux États-Unis ) car, en effet, la solidité de l’os résulte d’un équilibre subtil entre deux types de cellules osseuses  : les ostéoblastes, qui s’accumulent dans les os, et les ostéoclastes, qui les fragilisent et une molécule du coton bloque la dégradation de l’os par les ostéoclastes in vitro jusqu’à 97 % des cellules osseuses en cultures de laboratoire, apparemment sans effets nocifs sur d’autres cellules.

Symbolique

  • Les noces de coton symbolisent la première année de mariage dans le folklore français.
  • Le coton est le 1er niveau dans la progression de la sarbacane sportive.

Coupe faim

Le coton est parfois ingéré par les personnes anorexiques, il rempli l’estomac et apporte l’impression de satiété tout en étant dépourvu de calories, est consommé généralement trempé dans un liquide comme du jus d’orange afin de faciliter l’ingestion et cette pratique n’est pas sans risque car elle peut être mortelle en provoquant des étouffements ou des occlusions intestinales, d’autre part le coton n’est que rarement pur et peut être mélangé à des fibres synthétiques ou des solvants chimiques.